Deux jours avec le nouvel objectif Tamron 12-20mm f/2.8
Le Tamron 12-20mm f/2.8 Di III VXD arrive en monture Sony E le 30 juillet, ainsi qu'en monture Nikon Z le 27 août. Avant même son lancement officiel, notre collègue Simon Meunier a eu l'opportunité de le tester sur son Sony A7IV et de partir pendant deux jours pour voir ce qu'il avait vraiment dans le ventre, loin d'une fiche technique.
Jour 1 : le Village historique de Val-Jalbert
Dès la sortie du sac, la première chose qui frappe, c'est l'absence de poids. Pour une ouverture constante f/2.8 sur toute la plage, je m'attendais à sentir l'objectif tirer sur le cou ou occuper toute la place dans mon sac. Il n'en est rien : il se fond dans le kit sans jamais devenir une raison d'hésiter à l'apporter.
Le village s'est avéré un terrain de jeu parfait pour le tester. Dans une des maisons d'époque, une pièce sombre avec une fenêtre en pleine lumière juste à côté m'a donné l'occasion de brasser l'autofocus dans le pire des contrastes possibles. Il a suivi sans hésiter, sans chasser, comme si la scène ne posait aucun défi.

En me promenant entre les bâtiments, j'ai aussi pu voir où se situaient les limites de l'objectif. À 12mm, la déformation se fait sentir, assez pour que je choisisse de composer ailleurs la plupart du temps. Passé 14mm par contre, tout redevient droit et net, et c'est là que je me suis retrouvé le plus souvent, entre 16 et 20mm. L'ouverture, elle, ne bouge jamais peu importe la focale choisie, ce qui simplifie la vie chaque fois que la lumière change en marchant. Et le verrou de zoom, un petit détail auquel je ne pensais pas avant de l'essayer, a évité que la bague se déploie toute seule chaque fois que l'objectif pendait au bout de la courroie.

C'est aussi à Val-Jalbert que j'ai retrouvé l'école abandonnée du village. Devant la façade, un arbre m'empêchait de reculer suffisamment avec mon 28-75mm pour cadrer le bâtiment en entier. Le 12-20mm a réglé la situation sans détour, une bonne façon de réaliser que le grand-angle a sa place bien au-delà du paysage, dès que l'espace autour de soi devient la vraie contrainte.

Le site n'est pas seulement fait de bâtiments d'époque. La chute Ouiatchouan, haute de 72 mètres, coule juste en bordure du village, et c'est le genre de décor qui se prête naturellement au grand-angle : capter toute l'ampleur de la chute sans avoir à reculer à l'infini.

Jour 2 : sous la pluie à Dolbeau-Mistassini
Le lendemain, une sortie d'astrophotographie prévue à Dolbeau-Mistassini a viré à la pluie. Plutôt que de rebrousser chemin, je me suis rendu jusqu'au bas des chutes pour capter une image, un accès qui demandait de traverser un viaduc, puis de se faufiler entre les roches mouillées. La tropicalisation de l'objectif a tenu le coup sans problème, et c'est justement sa légèreté qui a rendu cet accès accidenté réalisable sans compromis, un setup plus lourd m'aurait clairement ralenti à cet endroit. C'est d'ailleurs sous cette pluie, à quelques pas de l'eau en furie, que j'ai capté un des paysages les plus impressionnants de ces deux jours.

Ce que j'en retiens
Après deux jours sur le terrain, entre la pluie, la basse lumière et des accès exigeants, le Tamron 12-20mm F2.8 se distingue avant tout par sa discrétion : peu de poids, aucune hésitation à l'emporter, et aucune concession sur l'ouverture en zoomant. La distorsion sous 14mm est à garder en tête, mais passé ça, c'est un grand-angle fiable qui répond présent sans complication !